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3eme Bulletin 2009

Le problème du Capital Travail et Emploie - Tableau général

      Je désire un peu faire comprendre ce tableau d'un état de misère, qui s'étend au monde entier, causé à la fois par le mouvement capitaliste et le mouvement ouvrier. Je cherche à vous présenter ce tableau de façon absolument réaliste et équitable. Sous une forme ou une autre, le capital et le travail se sont influencés réciproquement, ainsi que les employeurs et les employés, les couches aisées et les masses exploitées. A l'âge de la vapeur, à une époque scientifique, celle de l'électricité et des communications à l'échelle planétaire, le mal a grandi et s'est répandu. Le capital est devenu de plus en plus puissant, la main-d'oeuvre de plus en plus turbulente et exigeante. La lutte a culminé avec la guerre mondiale, une guerre de trente ans, que le capital a déclenchée et que les efforts des classes laborieuses ont gagnée.

Certaines questions surgissent et, sans me proposer de les résoudre, je désire les poser. En réglant ces questions, l'humanité résoudra ses problèmes, ou, s'ils demeurent sans solution, la race humaine sera anéantie. Exprimons ces questions de manière aussi simple et pratique que possible :

1. Faut-il restaurer le pouvoir du système capitaliste ? Est-il entièrement mauvais ? Les capitalistes ne sont-ils pas des êtres humains ?
2. La classe ouvrière elle-même, par le syndicalisme et le pouvoir croissant détenu par ses chefs, ne deviendra-t-elle pas une tyrannie ?
3. Le travail et le capital ne peuvent-ils s'entendre, ou s'amalgamer ? Faut-il s'attendre à une autre guerre entre ces deux groupes ?
4. De quelle manière la Loi de l'Offre et de la Demande peut-elle être mise en oeuvre, de façon à assurer la justice et l'abondance à chacun ?
5. Faut-il adopter une forme de contrôle totalitaire, exercé par les divers gouvernements du monde, afin de satisfaire aux exigences de l'Offre et de la Demande ? Faut-il légiférer pour atteindre des buts matériels et le confort ?
6. Durant l'Ere Nouvelle, quel est le mode de vie qui semblera essentiel à l'homme ? Aurons-nous une civilisation purement matérielle, ou bien la tendance mondiale sera-t-elle spirituelle ?
7. Que faut-il faire pour empêcher les intérêts capitalistes de ressaisir l'exploitation du monde ?
8. Quel est réellement le coeur du problème matérialiste du monde moderne ?

Cette dernière question est la seule à laquelle j'aie l'intention de répondre et je le ferai par cette citation bien connue : "L'amour de l'argent est la racine de tous les maux." Cela nous ramène à la faiblesse fondamentale de l'humanité, le Désir. De cela, l'argent est le résultat et le symbole.

Du simple procédé de l'échange des produits (pratiqué par les sauvages primitifs) jusqu'à la structure financière et économique compliquée et formidable du monde moderne, ce désir est la cause originelle. Il exige la satisfaction du besoin éprouvé, il cause la soif de biens et de possessions, l'envie de confort matériel, l'acquisition et l'accumulation d'objets, la volonté de puissance et de suprématie que, seul, l'argent peut procurer. Ce désir contrôle et domine le raisonnement humain. C'est la clé de voûte de notre civilisation moderne. C'est aussi la pieuvre qui étouffe lentement la vie de l'homme, son initiative et son honnêteté. C'est la meule attachée au cou de l'humanité.

Avoir, posséder, et lutter contre les autres pour la suprématie a été la caractéristique de l'homme moyen – homme contre homme, chef de famille contre chef de famille, homme d'affaires contre homme d'affaires, organisation contre organisation, parti contre parti, nation contre nation, travail contre capital. Aussi est-ce aujourd'hui un fait reconnu que le problème de la paix et du bien-être est directement lié aux ressources mondiales et à la possession de ces ressources.

Les termes les plus fréquents dans nos journaux, à la radio, dans nos discussions, sont empruntés à la structure financière de l'économie humaine : intérêts bancaires, salaires, dettes nationales, réparations, cartels et trusts, finances, impôts, tels sont les termes qui dominent nos projets, excitent notre jalousie, allument nos haines ou encouragent notre animosité à l'égard d'autres nations, pour nous lancer les uns contre les autres. L'amour de l'argent est la racine de tous les maux.

En écrivant ceci, je me rends compte du nombre de gens, dont l'existence n'est pas dominée par l'amour de l'argent et qui raisonnent normalement en termes de valeur supérieure. Mais je ne pense pas à eux en traitant ce sujet. Ils constituent l'espoir de l'avenir ; mais individuellement, ils sont prisonniers du système qui, du point de vue spirituel, doit prendre fin. Sans aimer l'argent, ils en ont besoin et il leur en faut. Ils sont soumis à l'atmosphère économique du monde et sont obligés, eux aussi, de travailler et de gagner de quoi vivre. Le travail qu'ils cherchent à accomplir pour aider l'humanité ne peut s'effectuer sans les fonds nécessaires. Les églises sont matérialistes dans leurs méthodes et, après avoir veillé à l'aspect administratif de leur activité, il ne leur reste guère de temps pour le travail du Christ, pour la pure vie spirituelle. La tâche qui, partout aujourd'hui, incombe aux hommes et aux femmes de bonne volonté, semble trop lourde et les problèmes paraissent presque impossibles à résoudre. Les hommes et les femmes de bonne volonté se posent actuellement cette question : Le conflit entre le capital et le travail peut-il se terminer, et en renaîtra-t-il un monde nouveau ? Les conditions d'existence peuvent-elles changer assez pour que de justes relations humaines s'établissent de manière permanente ?

Je crois que de telles conditions peuvent s'établir pour les raisons
suivantes :

1. L'humanité a souffert si terriblement au cours des deux cents dernières années, qu'il est possible d'amener les changements nécessaires, à condition de prendre les mesures voulues maintenant, avant que la douleur et l'agonie soient oubliées et que leurs effets se soient effacés de la conscience humaine. Ces mesures doivent être prises tout de suite, tandis que les preuves évidentes des méthodes anciennes et mauvaises existent encore. Cette guerre de trente ans est clairement le résultat du système capitaliste. Les ouvriers forgèrent les armes, grâce auxquelles les Forces de Lumière ont gagné, mais il en résulta la destruction de cités, de pays, et de notre civilisation moderne. Mais hors de ces ruines, un grand bien peut sortir.
2. La beauté des relations humaines, le fait qu'il faut bien peu pour assurer un vrai bonheur, et le fait de comprendre que l'argent et le confort ne suffisent pas à garantir la sécurité, tout cela comporte une leçon salutaire. En demeurera-t-on persuadé ? Oui, si les mesures efficaces sont prises dès à présent et si l'on renonce aux anciens modes de vie.
3. La libération de l'énergie atomique constitue nettement le début de l'Ere Nouvelle. Cela changera si complètement notre mode de vie, que bien des plans actuels s'avéreront n'être que de nature temporaire. Ils aideront simplement l'humanité à opérer une grande transition entre le système matérialiste, prédominant actuellement et celui où les justes relations humaines seront la caractéristique dominante. Ce mode de vie nouveau et meilleur se développera pour deux raisons principales :

a) Les raisons purement spirituelles de fraternité humaine et d'entreprises coopérant pacifiquement, ainsi que le principe, en constant développement de la conscience christique dans le coeur des hommes. Ceci peut sembler mystique et visionnaire, mais les effets s'en font sentir déjà plus qu'on ne croit.
b) Le motif franchement égoïste de la protection personnelle. La découverte de la libération de l'énergie n'a pas seulement mis aux mains de l'homme une force puissante, qui apportera inévitablement un mode de vie nouveau et meilleur, mais aussi une arme terrible capable d'effacer la famille humaine de la surface du globe. La bombe atomique a ramené la paix sur la terre, malgré les protestations des personnes sentimentales, des pacifistes, des ecclésiastiques et du Vatican aux visées politiques. Deux bombes ont suffi à terminer la guerre, sauvant par là des vies innombrables.

4. L'activité dévouée et régulière d'hommes et de femmes de bonne volonté de tous les pays. Cette activité n'est pas spectaculaire, mais elle est sûrement fondée sur des principes justes et c'est une des principales causes de paix.

Pour revenir à notre sujet, cette découverte de la libération de l'énergie atomique oblige le capital et le travail à examiner chacun un problème et ces deux problèmes aboutiront à une crise dans les trente ans à venir.

L'argent, l'accumulation d'avantages financiers et l'appropriation des ressources mondiales pour les exploiter au profit de certaines organisations se montreront bientôt tout à fait inefficaces et futiles, à condition que ces ressources d'énergie et le procédé de la libération de l'énergie atomique demeurent entre les mains des représentants élus par le peuple et ne deviennent pas la propriété secrète de certains groupes d'hommes puissants, ni d'une seule nation. L'énergie atomique appartient aux masses. La responsabilité de la contrôler doit être placée entre les mains d'hommes de bonne volonté, et ceux-ci doivent être choisis par les nations – les Etats-Unis et la Grande-Bretagne – qui ont travaillé sans égoïsme aux recherches nécessaires. Ils doivent contrôler sa destinée et la mettre partout à la disposition et au service des hommes d'une manière constructive. Il ne faut pas qu'une seule nation possède la formule ou le secret de la libération de l'énergie. Elle appartient à l'humanité. Toutefois, jusqu'à ce que l'humanité ait progressé dans la compréhension des justes relations humaines, un groupe international d'hommes de bonne volonté, élus par le peuple et jouissant de sa confiance, devraient sauvegarder cette puissance.

Si l'énergie est dirigée dans des voies constructives et si elle demeure sous le contrôle et la protection d'hommes honnêtes, le système capitaliste est condamné. Le travail se trouvera alors devant le problème très important du chômage. Ce mot redouté perdra rapidement toute signification dans l'âge d'or à venir. Les masses devront donc envisager le problème du loisir. Envisagé et résolu, ce problème libérera l'énergie créatrice de l'homme et la dirigera dans des voies encore insoupçonnées.

La libération de l'énergie atomique est la première de plusieurs libérations importantes dans toutes les règles de la nature. La grande libération promise à l'humanité permettra l'expression d'une masse de puissance créatrice, de pouvoirs spirituels et de développements psychiques qui manifesteront et démontreront la divinité et l'immortalité de l'homme.

Tout cela prendra du temps. Le facteur temps doit régir, comme jamais auparavant, les activités des hommes de bonne volonté et le travail de ceux dont la tâche est d'instruire, non seulement les enfants et la jeunesse du monde, mais aussi de former l'humanité à cette entreprise majeure d'établir de justes relations humaines et de la préparer aux possibilités qui vont bientôt s'offrir. La note à donner et le motif sur lequel insister est l'humanité. Une seule conception dominante peut sauver aujourd'hui le monde de la lutte à mort qui le menace sur le plan économique, empêcher le retour des anciens modes matérialistes, des vieilles idées et des conceptions périmées, et mettre un terme à l'influence subtile exercée par les intérêts financiers et le mécontentement violent des masses. La conviction de l'unité des hommes doit être adoptée. Cette unité doit être considérée comme une chose pour laquelle il vaut la peine de combattre et de mourir. Elle doit constituer le nouveau fondement de toute notre réorganisation politique, religieuse et sociale et fournir leur but aux systèmes d'éducation. Unité, compréhension, relations et équité humaines, ainsi que l'unité essentielle de tous les hommes, tels sont les seuls principes valables pour l'édification du nouveau monde. Ils permettront d'abolir les rivalités et de mettre fin à l'exploitation d'une classe par une autre, et à la répartition injuste des biens de la terre. Aussi longtemps qu'il y aura des milliardaires et des misérables, les hommes ne seront pas à la hauteur de leur destin.

Le Royaume de Dieu peut se manifester sur terre dans un futur proche, mais les citoyens de ce royaume ne reconnaissent ni riches, ni pauvres, ni supérieurs, ni inférieurs, ni travail, ni capital, mais seulement les enfants d'un même Père, et le fait naturel et pourtant spirituel, que tous les hommes sont frères. Là se trouve la solution du problème que nous envisageons. La Hiérarchie spirituelle de notre planète ne reconnaît ni groupe capitaliste ni groupe ouvrier ; elle ne connaît que des hommes et des frères. La solution existe donc dans l'éducation et dans l'adaptation des tendances déjà existantes de notre temps à la vision que perçoivent ceux qui sont ouverts spirituellement et ceux qui aiment leurs semblables.

Tiré de « Les Problèmes de l’humanité »

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