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3eme Bulletin 2009
Le problème du Capital Travail et Emploie - Désunion
Mondiale
Qu'est-ce qui, à présent,
semble empêcher l'unité mondiale et faire échouer
les Nations unies dans l'établissement des mesures nécessaires
si impatiemment attendues par l'homme de la rue ? La réponse
n'est pas difficile à trouver et implique toutes les nations
: le nationalisme, le capitalisme, la rivalité, l'avidité
aveugle et stupide. C'est son intense nationalisme sentimental,
qui fait de la Pologne un membre si difficile de la famille des
nations ; c'est le matérialisme et la crainte, plus le manque
d'intérêt pour les choses spirituelles, qui rendent
la France si constamment obstructionniste et l'a conduite si longtemps
à s'opposer à toute solution de la question allemande.
C'est une adhésion fanatique à une idéologie
et son manque de maturité nationale, qui dictent une bonne
partie de l'activité russe au cours des conférences.
C'est leur capitalisme effréné qui fait des Etats-Unis
une des nations les plus redoutées, à quoi s'ajoutent
ses gestes de puissance armée. C'est un impérialisme
moribond qui gêne aujourd'hui la Grande-Bretagne, accrochée
à des territoires et à des responsabilités,
dont elle comprend qu'elle pourrait bien les transférer aux
soins des Nations unies. L'espoir de la Grande-Bretagne réside
dans ses tendances socialistes qui lui permettent de prendre la
"voie du milieu" entre le communisme russe et le capitalisme
américain. C'est l'avidité satisfaite de soi des nations
ayant échappé à la guerre, qui gêne le
progrès. C'est la lutte pour posséder le pétrole
du monde que se livrent les trois Grandes Puissances, qui bloque
la paix du monde. Ce sont les actions tortueuses des Juifs et la
haine qu'ils entretiennent, qui tendent aussi à miner l'espérance
de la paix. C'est l'attitude de l'Inde et de la Chine qui complique
l'action des gens bien intentionnés. C'est le traitement,
contraire au christianisme et à la démocratie, des
populations nègres aux Etats-Unis et en Afrique, qui contribue
à les faire fermenter. C'est l'inertie aveugle et le manque
d'intérêt de la masse populaire qui permet aux mauvais
chefs de détenir le pouvoir. C'est la crainte du reste du
monde, qui oblige les chefs russes à maintenir leurs peuples
dans l'ignorance totale de l'attitude des autres nations à
propos des affaires mondiales. C'est un mauvais usage de l'argent
qui colore les vues de la presse et de la radio en Grande-Bretagne
et plus encore aux Etats-Unis, pour cacher en bonne partie la vérité
au peuple. C'est le bouleversement ouvrier, partout, qui alimente
la tourmente et impose des souffrances inutiles au public. C'est
la profonde méfiance, politique et internationale, la propagande
trompeuse et l'apathie des Eglises qui compliquent encore le problème.
Par-dessus tout, c'est le refus de la part du public de regarder
la vie en face et de voir les faits tels qu'ils sont. La masse des
hommes a besoin d'être éveillée pour exiger
que les biens soient le partage de tous également et non
pas uniquement d'un groupe privilégié et elle a besoin
d'apprendre que "la haine ne cesse pas par la haine, mais par
l'amour". Un pareil amour n'est pas sentimental, mais c'est
une bonne volonté efficace, s'exprimant par les individus,
dans les communautés et entre les nations.
Tel est le tableau triste et fâcheux du monde d'aujourd'hui,
et seuls des aveugles et des indifférents le nieraient. Seule,
une perception aiguë de la situation et des sources du mal
contribueront à donner à l'humanité l'impulsion
voulue pour prendre les mesures nécessaires. Mais il existe
une autre face du tableau, et qui compense le mal, quoique, jusqu'à
présent, elle ne l'équilibre, ni ne le vaille.
Aujourd'hui des hommes et des femmes, partout, en haute situation
ou non, dans chaque nation, chaque communauté, chaque groupe,
présentent la vision des justes relations humaines, destinées
à constituer la norme dans l'avenir, pour l'humanité.
Partout ces gens là exposent les maux à éliminer
et sans cesse, ils éduquent ceux qu'ils rencontrent et leur
apprennent les principes de l'Ere nouvelle. C'est la masse de ces
gens qui est importante. En politique, il existe de grands et sages
hommes d'Etat qui tâchent de guider sagement leur peuple,
mais ils ont encore trop à faire. Franklin D. Roosevelt en
était un remarquable exemple pour notre temps. Car il fit
de son mieux et mourut au service de l'humanité. Il existe
des éducateurs éclairés, des écrivains
et des conférenciers dans tous les pays, qui cherchent à
montrer au peuple combien l'idéal est pratique, comme la
bonne volonté de l'humanité est disponible, et combien
il est facile d'appliquer des idéals, lorsque les hommes
et les femmes de bonne volonté sont en nombre suffisant dans
le monde pour imposer les conclusions. C'est un facteur d'importance.
Il y a aussi des savants, des médecins, des agriculteurs,
qui ont consacré leur vie à l'amélioration
de l'existence humaine. Il y a des prêtres de toutes les Eglises
qui suivent sincèrement les pas du Christ (mais ce n'en sont
pas les chefs), et qui répudient le matérialisme qui
a ruiné les Eglises. Il y a des hommes et des femmes sans
importance, par millions, qui voient juste, pensent clairement et
travaillent dur dans leurs communautés pour établir
de justes relations humaines.
La sécurité, le bonheur et des relations pacifiques
sont le désir de chacun. Toutefois, avant que les Grandes
Puissances, en collaboration avec les petites nations, aient résolu
le problème économique et réalisé que
les ressources de la terre n'appartiennent pas à une seule
nation, mais à l'ensemble de l'humanité, il n'y aura
point de paix. Le pétrole du monde, ses richesses minérales,
le charbon, le blé, le sucre et les céréales
appartiennent à tous les hommes de tous pays. Ce sont des
denrées essentielles à l'existence quotidienne de
l'homme dans la rue.
Le véritable problème des Nations unies est double
: il implique la distribution équitable des ressources mondiales,
afin d'arriver à la suppression de la misère et il
implique aussi l'établissement d'une vraie égalité
des chances et de l'éducation pour tous, partout. Les nations
qui ont d'abondantes richesses ne sont pas propriétaires
; elles sont gardiennes des biens du monde, confiés à
elles à l'intention de leurs semblables. Le temps viendra
inévitablement où, dans l'intérêt de
la paix et de la sécurité, les capitalistes des diverses
nations seront forcés de comprendre cela et de substituer
le principe du partage à l'ancien principe d'une mainmise
avide qui les a guidés jusqu'à présent.
Il fut un temps, il y a un siècle ou un peu davantage, où
la juste distribution des richesses du monde eût été
impossible. Cela n'est plus vrai aujourd'hui. Les statistiques existent.
Des computations ont été faites. Des investigations
ont pénétré dans tous les domaines des ressources
de la terre et ces investigations, computations et statistiques
sont publiées et à la disposition du public, s'il
sait où les chercher. Les hommes au pouvoir, dans chaque
pays, savent exactement les quantités de nourriture, de minerai,
de pétrole, de charbon et d'autres articles indispensables,
qui sont disponibles pour un usage à l'échelle mondiale,
sur une base correcte et équitable. Mais ces biens sont mis
en réserve par les nations impliquées, car ils constituent
"des points à discuter et une monnaie d'échange".
Le problème de la distribution n'est plus difficile, une
fois que les produits alimentaires du monde sont considérés
en dehors de la politique et du capitalisme. Il faut aussi se souvenir
que les moyens de distribution par mer, rail ou air sont adéquats.
Rien n'arrivera, toutefois, avant que les Nations unies se mettent
à parler en termes d'humanité entière et non
plus en termes de frontières, d'objectifs techniques et de
craintes, ni en termes de valeur du pétrole ou du charbon
comme objets de marchandages (comme pour le Proche-Orient ou l'attitude
récente de la France à l'égard de l'Allemagne),
ou encore en termes de méfiance et de suspicion. La Russie
se méfie du capitalisme des Etats-Unis et, à un moindre
degré, de la Grande-Bretagne. L'Amérique du Sud est
en train d'adopter une méfiance croissante à l'égard
des Etats-Unis, à cause de leur impérialisme. La Grande-Bretagne
et les Etats-Unis se méfient tous deux de la Russie, du fait
de ses paroles, de son usage du droit de veto et de son ignorance
de l'idéalisme occidental.
Il faut pourtant se rappeler qu'il existe des hommes d'Etat en
Grande- Bretagne, aux Etats-Unis et en Russie qui s'efforcent d'agir
en faveur de l'homme dans la rue et de le défendre dans les
conclaves des nations. Jusqu'à présent, une opposition
égoïste a rendu leur travail inutile et les intérêts
financiers de bien des pays ont annulé leurs efforts. Je
ne voudrais pas que vous oubliiez ces hommes. La Russie n'a pas
d'intérêt financier, mais possède de vastes
ressources en hommes et en armes et fait jouer celles-ci contre
les intérêts capitalistes. Ainsi la guerre continue
et l'homme dans la rue attend, sans grand espoir, une décision
qui conduirait à la paix, une paix basée sur la sécurité
et de justes relations humaines.
Pour compliquer encore le problème, il y a le fait que l'Est
et l'Ouest considèrent la vie sous des angles différents.
Le point de vue oriental est négatif et subjectif ; celui
de l'Ouest est positif et scientifique, donc objectif. Je me réfère
ici à l'Asie et au monde occidental. Ceci se complique encore
parce que l'Europe occidentale et l'Europe orientale envisagent
la vie et les problèmes modernes de points de vue totalement
différents. Cela rend la coopération difficile et
complique nettement le problème posé aux Nations unies.
L'Eglise et l'Etat ne sont guère d'accord ; entre le capital
et le travail se poursuit une guerre constante ; l'homme dans la
rue paie les pots cassés et attend la justice et la liberté.
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