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4eme Bulletin 2009
La solution au problème des minorités.
Il devient évident que
trouver la solution au problème des minorités, consiste
essentiellement à trouver la solution de la grande hérésie
de la séparativité. C'est d'une immense difficulté,
non seulement du fait de la prédisposition naturelle de l'humanité
en ce sens, mais aussi parce que l'humaine nature ne peut changer
facilement, ni rapidement. En outre, ce changement et l'écrasement
de l'esprit de séparativité doit se produire en un
monde, plongé aujourd'hui au plus profond de la dépression,
usé par la souffrance, rempli de méfiance et de la
crainte et qui se doute à peine de ce qui est réellement
nécessaire, n'étant guère capable que de crier
à l'unisson : Que la paix nous soit donnée en notre
temps !
Si un acte législatif donnait immédiatement aux minorités
nègres les pleins droits constitutionnels, le problème
demeurerait inchangé, car les coeurs et les esprits des hommes
n'auraient pas été transformés et la solution
demeurerait absolument superficielle. La Palestine a été
donnée aux Juifs, et quoiqu'ils aient obtenu satisfaction,
le sentiment antisémite, existant presque sans exception
dans toutes les nations, reste exactement au même point qu'auparavant,
et de plus, le sang coule en Palestine. En Inde, la solution peu
élégante du partage a laissé les difficultés
de base telles quelles. Le problème va bien plus loin qu'on
ne l'estime généralement. Il est inhérent à
la nature humaine et c'est le produit de siècles innombrables
de croissance stimulée et d'éducation mal dirigé
des masses. La guerre n'a pas résolu les nombreux différents
: puissance de l'orgueil et des attitudes nationalistes, le péril
des antagonismes raciaux, les querelles engendrées par des
croyances religieuses opposées et les troubles causés
par les blocs, les partis et les idéologies. Quoique les
combats aient pris fin, une nation se dresse toujours contre une
autre dans l'arène politique, un groupe contre un autre groupe
et (au sein des nations) parti contre parti et homme contre homme.
Ceux qui sont sages et voient loin, ceux qu'inspire un saint bon
sens sans égoïsme, l'idéaliste et les hommes
et femmes de bonne volonté, existent partout et luttent en
commun pour trouver une solution, pour édifier une nouvelle
structure mondiale dans le droit, l'ordre et la paix, qui garantira
les justes relations humaines. Mais, à leur tour, ils constituent
une petite minorité, en comparaison des vastes multitudes
d'êtres humains peuplant la terre. Leur tâche est dure
et, du point où ils doivent travailler, leur semble parfois
présenter des difficultés presque insurmontables.
Certaines questions se posent inévitablement partout à
l'esprit des gens de bonne volonté :
Les Grandes Puissances sont-elles capables d'agir sans égoïsme,
dans l'intérêt des petites puissances et de l'humanité
entière ?
Une politique ambitieuse et les divers impérialismes nationaux
peuvent-ils prendre fin et être oubliés définitivement
?
Une politique mondiale peut-elle être instaurée, qui
garantirait la justice pour tous, petits ou grands ?
L'opinion mondiale peut-elle agir assez fortement en faveur des
intérêts des justes relations humaines pour lier les
mains de ceux qui sont égoïstement agressifs et peut-elle
garantir des chances à ceux qui n'en ont guère eu
jusqu'à présent ?
L'espoir d'établir une ère de justes relations humaines
au sein des nations, aussi bien que sur le plan international, est-il
un rêve impossible, le temps passé à l'étudier
est-il perdu, ou n'est-ce qu'un désir qu'on prend pour une
réalité ?
Le but des justes relations humaines, des droits égaux et
des mêmes chances pour tous, partout, représente-t-il
un objectif entièrement réalisable pour lequel tous
les hommes dotés de bonnes intentions peuvent travailler
avec quelque espoir de succès ?
Quelles sont les premières mesures à prendre pour
encourager ces justes efforts et pour leur assurer un fondement
solide de bonne volonté mondiale ?
Comment l'opinion publique peut-elle être suffisamment intéressée,
afin que les nombreuses mesures promouvant les justes relations
humaines soient imposées aux législateurs et aux politiciens
de tous pays ?
Que devraient faire les minorités, afin que droit soit fait
a leurs justes demandes, sans susciter plus de différends
et sans alimenter la flamme de la haine ?
Comment peut-on abolir les fortes lignes de démarcation
entre races, nations, et groupes et les clivages qui existent partout,
en agissant de telle manière, que l' "Humanité
Une" émerge de l'arène des affaires mondiales
?
Comment peut-on développer la conscience de ce fait : que
ce qui est bon pour une partie est bon pour l'ensemble, et que le
bien suprême de l'unité dans le tout garantit le bien
du tout ?
Ces questions, et bien d'autres, se posent et exigent une réponse.
La réponse vient sous forme d'une platitude généralement
acceptée, et malheureusement, elle fait l'effet d'une douche
froide : Etablissez de justes relations humaines en développant
l'esprit de bonne volonté ! Alors, et alors seulement nous
aurons un monde en paix et prêt à s'avancer vers une
ère nouvelle et meilleure. Quoiqu'une platitude soit, dans
la majorité des cas, l'expression d'une vérité
première, il est difficile, dans le cas particulier, de faire
admettre aux gens qu'elle est réalisable. Néanmoins,
et parce que c'est une vérité, elle s'avérera
à la longue, non seulement dans l'esprit de quelques-uns
ici et là, mais sur une vaste échelle, dans le monde
entier. Les gens recherchent avidement ce qui est original et inattendu,
dans l'attente d'un miracle et de Dieu (quelle que soit la représentation
mentale qu'ils aient de Lui), qui agirait, les délivrerait
de la responsabilité et ferait la besogne à leur place.
Ce n'est pas par de telles méthodes qu'avancent les hommes,
ils n'apprennent rien et ne progressent pas en se délestant
de leurs responsabilités. Le miracle peut arriver, le beau
et le surprenant se manifester, mais seulement lorsque les hommes
ont créé l'ambiance nécessaire, les conditions
voulues, et par leur remarquable accomplissement, ont donné
la possibilité à une expression encore plus étonnante
de se manifester. Nous ne pouvons avoir d'autre expression de la
divinité, avant que l'homme ne se conduise plus conformément
au divin qu'a présent. Nous n'aurons point de "retour
du Christ", ni d'influence de la conscience christique descendant
sur nous, jusqu'à ce qu'en chaque homme, le Christ s'éveille
et soit plus agissant que maintenant. Le Prince de la Paix, ou l'esprit
de paix, ne feront point sentir la présence de la paix sur
la terre jusqu'à ce que les intentions pacifiques des hommes,
partout, aient changé l'aspect des affaires du monde. L'unité
ne sera pas la caractéristique distinguant l'humanité,
jusqu'à ce que les hommes eux-mêmes aient abattu les
murs qui les séparent et supprimé les barrières
entre races, entre nations, entre religions et entre hommes.
Le miracle, dans la situation actuelle, et la chance extraordinaire
ainsi offerte, c'est que pour la première fois les hommes,
à une échelle planétaire, s'aperçoivent
du mal à éliminer. Partout on discute, on tire des
plans. Il y a des réunions, des cercles de discussions, des
conférences et des comités qui s'échelonnent,
des vastes délibérations aux Nations unies jusqu'aux
petites réunions tenues dans de lointains villages.
La beauté de la situation présente, c'est que, même
dans la plus petite communauté, une expression pratique de
ce qui est nécessaire à l'échelle mondiale
est offerte aux habitants. Les différends dans les familles,
entre églises, dans les municipalités, dans les villes,
les nations, entre races, et les conflits internationaux demandent
tous le même objectif et le même processus d'ajustement
: l'établissement de justes relations humaines. La technique
ou méthode de réaliser cela reste partout la même
: l'usage de l'esprit de bonne volonté.
La bonne volonté est une expression mineure de l'amour véritable
et c'est la plus facile à saisir. L'application de la bonne
volonté aux problèmes que doit envisager l'humanité
dirige l'intelligence dans des voies constructives. Là où
est présente la bonne volonté, les murs de séparation
et de malentendus s'écroulent. Il est nécessaire que
les gens cessent – au moins pour un temps – de parler
de l'amour, d'aimer leurs frères, et de l'usage de l'amour
pour résoudre les problèmes, mais discutent plutôt
sur un plan moins élevé et plus pratique, celui de
la bonne volonté. Se servir du mot amour ne signifie rien,
c'est presque devenu un sujet de dérision pour les sceptiques,
les incrédules, les endurcis et les désillusionnés.
Mais la bonne volonté garde son sens et peut être comprise
par tous comme une force d'harmonie.
L'amour et la bonne intelligence suivront en temps utile l'expression
pratique de la bonne volonté agissant dans tous les genres
de relations humaines et comme mode de contact entre les groupes,
les nations et leurs minorités, de nation à nation
et aussi dans le domaine de la politique internationale et des religions.
L'expression de l'amour véritable, comme facteur dans la
vie de notre planète, est peut-être encore fort lointaine,
mais la bonne volonté est une possibilité actuelle
et organiser la bonne volonté est une nécessité
impérieuse.
On parle aujourd'hui beaucoup de bonne volonté et le mot
est d'un usage courant. L'intention de l'employer dans tous les
domaines de la pensée humaine est réelle, ainsi que
de l'appliquer à tous les problèmes humains. Des preuves
existent qu'un réel effort se poursuit en ce moment pour
faire de la bonne volonté un agent efficace dans les négociations
de la paix et de la bonne intelligence mondiales et pour amener
de justes relations humaines.
Une campagne menée immédiatement par tous les hommes
de bonne volonté est de première nécessité
partout, dans le monde entier, pour interpréter le sens de
la bonne volonté, pour insister sur la nature pratique de
son expression, pour réunir en un groupe efficace et actif
tous les hommes et les femmes de bonne volonté du monde et
pour le faire, non sous forme d'une super organisation, mais afin
de convaincre les malheureux, ceux qui sont dans la détresse
ou dans l'erreur, de l'immensité d'une aide intelligente,
prête à les aider. Il leur faut aussi démontrer
leur capacité de prêter main forte à tous ceux
qui oeuvrent et luttent pour inaugurer de justes relations humaines
et leur prouver la puissance de l'opinion publique, si elle est
informée et vivante (formée par des gens de bonne
volonté) et sur laquelle ils peuvent s'appuyer. Ainsi s'établira
dans chaque nation, dans chaque ville et village, un noyau d'hommes
de bonne volonté, avec une intelligence avertie, un bon sens
pratique, la connaissance des problèmes mondiaux et la volonté
de répandre la bonne volonté et de trouver les hommes
du même sentiment dans leur milieu.
Le travail des hommes de bonne volonté est un travail d'éducation.
Ils ne possèdent et ne recommandent aucune panacée
pour remédier aux problèmes mondiaux, mais ils savent
qu'un esprit de bonne volonté, surtout s'il est formé
et mis en oeuvre par la connaissance, peut produire une atmosphère
ou une attitude, qui rendra possible la solution de ces problèmes.
Quand des hommes de bonne volonté se rencontrent, quel que
soit leur parti politique, leur pays ou leur religion, il n'est
point de problèmes qu'ils ne puissent résoudre à
la longue, et résoudre à la satisfaction des diverses
parties impliquées. C'est la production d'une telle atmosphère
et l'évocation d'une pareille attitude, qui constitue la
tâche principale des hommes de bonne volonté et non
de présenter une solution toute faite. Cet esprit de bonne
volonté peut être présent, là même
où des divergences fondamentales existent entre les parties.
Mais c'est rarement le cas aujourd'hui. Il n'y a, par exemple, guère
de bonne volonté dans l'atmosphère et l'attitude caractérisant
les activités du parti sioniste actuellement. Il attise la
haine et constitue une force nettement séparative et destructive,
comme le prouve ses publications. Il existe un réel esprit
de bonne volonté dans un bon nombre des discussions des Nations
unies, sur des points délicats et difficiles, et cela se
manifeste de façon croissante.
Il n'y a point de raison valable de croire que la croissance de
la bonne volonté dans le monde sera nécessairement
lente et graduelle. Le contraire peut être vrai si les hommes
et les femmes d'aujourd'hui sentent en eux-mêmes une véritable
bonne volonté et se délivrent d'idées préconçues,
en s'approchant les uns des autres et en travaillant de concert
à répandre la bonne volonté. Une personne pleine
de préjugés, un fanatique religieux ou un nationaliste
à tous crins ont de la difficulté à développer
la bonne volonté en eux-mêmes. Ils peuvent y arriver,
s'ils aiment assez leurs semblables et cherchent à leur laisser
la liberté, mais il leur faudra d'abord discerner le coin
sombre en eux-mêmes où se dresse un mur de séparativité,
et le démanteler. Il leur faudra s'appliquer délibérément
à développer la vraie bonne volonté (non la
tolérance) envers l'objet de leur préjugé,
envers l'homme d'une religion étrangère, ou envers
la nation ou la race, à l'égard desquels il éprouve
de l'animosité, ou qu'il méprise. Un préjugé
est la première pierre du mur de séparativité.
La bonne volonté est bien plus répandue dans le monde
qu'on ne se l'imagine. Il faut simplement la découvrir, la
cultiver et la mettre en oeuvre. Elle ne doit toutefois pas être
exploitée par des groupes travaillant à leurs propres
fins, si honnêtes, corrects ou sincères soient-ils.
En ce cas, elle serait détournée vers des buts partisans.
Les hommes de bonne volonté se tiennent à égale
distance de groupes opposés, lorsqu'ils existent, afin de
créer un climat, où la discussion et le compromis
deviennent heureusement possibles. Ils marchent constamment sur
la noble voie du milieu, celle du Bouddha, qui se situe entre les
couples de contraires, et droit en direction du coeur de Dieu. Ils
foulent le "sentier étroit" de l'amour, dont parlait
le Christ, et ils montrent qu'ils le foulent en exprimant le seul
aspect de l'amour que l'humanité puisse comprendre à
présent : la Bonne Volonté.
Quand la bonne volonté sera exprimée et organisée,
reconnue et utilisée, les problèmes mondiaux, quels
qu'ils puissent être, aboutiront à la longue à
une solution. Quand la bonne volonté constituera un facteur
véritable et actif dans les affaires humaines, nous passerons
à une intelligence plus pleine et plus riche de la nature
de l'amour et à une expression de quelque aspect supérieur
de l'amour divin. Quand la bonne volonté sera répandue
abondamment parmi les hommes, nous assisterons à l'établissement
des justes relations humaines et un nouvel esprit de confiance,
de bonne foi et de compréhension régnera dans l'humanité.
Les hommes et les femmes de bonne volonté existent dans
chaque nation et dans toutes les parties du monde, par milliers.
Il faut les trouver, les toucher, les mettre en contact les uns
avec les autres. Qu'ils se mettent à l'oeuvre pour créer
une atmosphère correcte dans les affaires du monde et dans
leurs propres communautés, qu'ils sachent, bien qu'associés,
ils sont tout puissants et peuvent éduquer et influencer
l'opinion publique tant et si bien, que l'attitude du monde à
l'égard des problèmes mondiaux deviendra juste et
correcte, conforme au plan divin. Qu'ils comprennent que les solutions
des problèmes critiques, devant lesquels se trouve l'humanité
au seuil de l'Ere nouvelle, ne seront pas procurées par le
choix de quelque plan d'action, imposé au public à
grand renfort de propagande et de publicité. Elles se présenteront
en prêchant et en développant l'esprit de bonne volonté
et ses résultats : une bonne atmosphère et une attitude
saine, ainsi qu'un coeur plein de compréhension.
L'Ère chrétienne fut annoncée par une simple
poignée d'hommes, les douze apôtres, les soixante-dix
disciples et les cinq cents qui reçurent le message du Christ.
L'Ère nouvelle, durant laquelle le Christ "verra le
travail de Son Ame et sera satisfait", est introduite par les
centaines et les milliers d'hommes de bonne volonté à
l'oeuvre actuellement dans le monde, et qui peuvent devenir encore
plus actifs, s'ils se reconnaissent, se liguent et s'organisent.
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